Quand j’ai monté mon premier meuble en tasseaux, l’entrée s’est dégagée

juin 20, 2026

La scie a craché une poussière claire sur le carton, juste sous la fenêtre ouverte de la rue de Rennes. Ce soir-là, le meuble ajouré tenait déjà sa place dans une entrée étroite, et le mur derrière restait visible. Depuis mon appartement du côté de Rennes, je suis parti trois jours à Paris pour revoir ce petit espace. J’ai tout de suite vu que le volume fin changeait la lecture du passage. En rentrant avec ma compagne, sans enfants, j’ai senti que cette trame de bois allait peser moins lourd qu’un bloc plein.

Quand j’ai décidé de me lancer, je ne savais pas trop où j’allais

En tant que Rédacteur en chef spécialisé aménagement intérieur chez Jimmy Art Wood, j’ai regardé cette entrée pendant de longues minutes avant de sortir la perceuse. Depuis 9 ans chez Jimmy Art Wood, je pilote une trentaine d’articles par an, et j’ai compris tout de suite l’enjeu. Je me suis retrouvé devant un meuble plein qui cassait la circulation, et j’étais sûr de moi sur un seul point. Il me fallait un volume plus fin, pas un bloc qui prenne tout le mur. On vit à deux, ma compagne et moi, et, sans enfants, nous supportons mal les zones qui retiennent tout au passage.

J’ai choisi les tasseaux pour leur légèreté visuelle. Un meuble plein aurait bouché le mur, alors qu’une trame laisse passer la lumière et garde le fond lisible. La facture de matière est restée à 47 euros, visserie comprise, et j’ai gardé une profondeur de 28 cm pour ne pas mordre le passage. Je voulais aussi pouvoir changer d’avis sans refaire tout le couloir. Dans l’esprit des repères de l’ADEME, j’ai préféré peu de matière et un meuble que je pourrais garder longtemps.

Ma Licence en design d’intérieur (Rennes, 2014) m’a appris à regarder d’abord la circulation, pas la façade. J’avais lu deux tutoriels et demandé l’avis d’un ami bricoleur, mais je doutais de la précision. J’ai hésité, parce qu’une façade en tasseaux ne pardonne pas un entraxe tordu. Le moindre écart se voit, et je savais déjà qu’un faux pas ferait bricolage.

Depuis mes années comme Rédacteur en chef spécialisé aménagement intérieur chez Jimmy Art Wood, je sais que les pièces étroites mentent vite sur les volumes. Ce jour-là, j’ai été convaincu que la vraie question n’était pas l’objet, mais le vide qu’il laissait autour de lui. J’avais envie d’un meuble qui range sans barrer la vue. Ce n’était pas un caprice de style, c’était un choix de circulation.

Le week-end où le bois a commencé à me répondre de travers

Le samedi matin, j’ai posé les tasseaux sur la table de la cuisine, avec une scie, un mètre et une vieille chute de carton. J’ai été frappé par l’odeur de sciure dès la première coupe, et le bois me paraissait encore un peu humide sous la lame. La poussière volait, se collait aux avant-bras, et je passais déjà le revers de la main sur le plan de travail. Au bout de 12 minutes, le rebord de la fenêtre était gris, et la bâche avait déjà pris deux traces nettes.

Je n’avais pas pré-percé les bouts, et deux pièces ont éclaté au vissage. J’ai dû m’arrêter, respirer, puis reprendre avec une mèche plus fine et des vis mieux placées. J’ai été convaincu, à ce moment-là, qu’un vissage pressé casse le bois plus vite qu’il ne le tient. Pas terrible. Vraiment pas terrible. J’ai fini par recouper 8 millimètres sur les extrémités abîmées, juste pour sauver la ligne.

Pour garder un entraxe régulier, j’ai bricolé une cale dans un carton d’emballage. Je la passais entre les lattes, puis je reprenais l’alignement avec les doigts, au toucher, avant de serrer. L’écart de 4 cm entre les tasseaux changeait tout, et la façade cessait d’avoir cet air de travers qui agace l’œil. Quand le bois glisse un peu sous la paume, je sens tout de suite si le ponçage mérite encore un passage.

Au montage final, un faux-aplomb de quelques millimètres m’a sauté au visage. J’ai fermé un œil, puis l’autre, et la trame penchait encore sur le côté droit. J’ai repris deux vis, calé la base avec des patins feutrés, et le meuble a arrêté de racler le carrelage. Sans cette petite correction, l’ensemble aurait gardé un air bancal.

Le soir où la lumière a fait le reste

Le premier soir, vers 19 h 30, le soleil a frappé la trame par le côté. Les ombres des tasseaux se sont allongées sur le mur blanc, nettes comme des traits au crayon. Le jour régulier entre les lattes a donné une image propre, presque calme. Je n’avais pas prévu que la lumière ferait autant pour la lecture de l’entrée. Le meuble paraissait plus léger dès que la fenêtre prenait le relais.

Je suis rentré chargé, et je n’ai plus fait ce détour autour d’un meuble plein. Le sol paraissait soudain vide, et j’ai senti le passage se libérer sous mes pas. Le meuble ne barrait plus l’entrée, il la tenait sans l’écraser. Une patère qui dépasse de quelques centimètres suffit déjà à gêner le corps quand l’espace est serré, et je l’ai compris en frottant ma manche.

Avec 28 cm de profondeur, je pouvais poser les sacs sans repousser le mur d’en face. Le meuble restait discret, et les manteaux ne frottaient plus quand j’entrais vite. C’est aussi là que j’ai vu combien un faux-aplomb de quelques millimètres se remarque sur une façade en tasseaux. La ligne paraît juste, ou elle casse tout. Le volume, lui, se lit tout de suite.

J’ai eu un vrai petit silence en regardant le couloir depuis la porte ouverte. Ce n’était plus seulement du rangement, c’était un dessin de bois qui laissait le vide parler. Mon travail de Rédacteur en chef spécialisé aménagement intérieur chez Jimmy Art Wood m’a rappelé ce soir-là que la lumière compte autant que le meuble. Quand le mur du fond redevient visible, l’œil se repose tout de suite.

Ce que je referais, et ce que je n’oublierai plus

Deux jours plus tard, j’ai vu le bois tirer un peu d’un côté. Je l’avais monté sans vraie acclimatation, et le vrillage s’est montré par une ligne qui ne tombait plus juste. Rien de spectaculaire, mais assez pour me faire repasser une vis et reprendre un angle. Ce retard minuscule m’a servi de rappel sec. Le meuble tenait, mais la trame ne mentait pas.

Depuis mes années comme Rédacteur en chef spécialisé aménagement intérieur chez Jimmy Art Wood, je sais que la fixation murale change tout dès qu’un meuble sert aussi de porte-manteau. Les repères du Conseil National de l’Ordre des Architectes sur la circulation des volumes vont dans le même sens que mon constat du soir. J’ai aussi gardé en tête les repères de l’ADEME sur les matières sobres et durables. Pour une cloison fragile, je me suis arrêté là et j’ai laissé un artisan regarder les chevilles.

Avec le recul, 28 cm restent la zone juste pour ne pas rogner la circulation. J’aurais ajouté un compartiment fermé en bas plus tôt, parce que les chaussures humides et le courrier cassent vite l’effet ajouré. Le passage de l’aspirateur fait aussi ressortir la poussière coincée au pied des lattes, et ça, je ne l’avais pas assez anticipé. Un bois brut dans une entrée demande ce petit ménage que je ne voyais pas sur le moment. Le petit bruit sec a disparu dès les patins posés, et j’ai retenu la leçon.

J’ai comparé ce meuble à une console pleine, puis à un caisson fermé, et je reviens toujours aux tasseaux. Avec ma compagne, sans enfants, on vit à deux et on apprécie ce mur qui reste lisible, même quand les sacs traînent un peu. Ce soir-là, en pensant à la rue de Rennes et à ce passage qui ne butait plus, j’ai compris que le meuble ajouré à faible profondeur gagnait sur le confort, tant que l’entraxe reste net et que le bois a eu le temps de se poser. Pour quelqu’un qui accepte de reprendre une coupe et de surveiller un peu la poussière, ce format garde toute sa place.

Jimmy Delorme

Jimmy Delorme publie sur le magazine Jimmy Art Wood des contenus consacrés à l’aménagement intérieur, à l’organisation des espaces, au mobilier et aux choix de matières. Son approche repose sur la clarté, la progression et la recherche de repères concrets pour aider les lecteurs à créer un intérieur plus fonctionnel, harmonieux et durable.

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